Chercheurs étudiants
 

Julien Hocine


Étudiant à la maîtrise en communication internationale et interculturelle
Université du Québec à Montréal
Sous la direction de Claude-Yves Charron et de Daniel Chartier.
jhocine.ca@gmail.com

Titre du mémoire : «Représentations discursives du changement climatique de l'Arctique. Une analyse des discours des représentants du Conseil inuit Circumpolaire»

Le Conseil inuit Circumpolaire constitue un exemple récurrent de l'émergence sur la scène politique régionale et internationale des peuples autochtones de l'Arctique. Alors que l'organisation célèbre en 2017 ses quarante ans d'existence, elle a graduellement acquis une influence dans la défense et la promotion des droits des Inuits de l'Inuit Nunaat auprès des états-nations dont ils dépendent. Les enjeux grandissants du réchauffement climatique ont considérablement remodelé les relations intergouvernementales dans les régions circumpolaires. La fonte des glaces de mer et les nouvelles opportunités d'extraction des ressources naturelles, ainsi que les possibilités accrues de navigation dans la région ont vu naître des intérêts et des rivalités pour une multitude d'acteurs étatiques et non étatiques, arctiques et non arctiques.

Malgré la création du Conseil de l'Arctique en 1996 dont la mission est de coordonner les relations intergouvernementales — tout en favorisant l'expression des organisations qui ont le mandat de représenter les droits des autochtones de l'Arctique dans ses délibérations —, les revendications respectives des états de l'Arctique révèlent d'une part les limites de la coopération régionale et, d'autre part, amènent à interroger la place qu'occupe les représentants autochtones dans cet espace politique.

En s'intéressant à la pratique sociale du discours, ce mémoire conceptualise le positionnement du discours politique dans son champ (Maingueneau, 2010) et s'appuie sur la théorie foucaldienne, ainsi que le concept de souveraineté pour comprendre comment les représentants du Conseil inuit Circumpolaire cadrent le phénomène du changement climatique afin de légitimer les perspectives inuites dans la gouvernance et le développement des ressources.

Si l'hypothèse principale vise à souligner des convergences sur la dimension holistique de la gestion des ressources et de la réponse au changement climatique que véhiculent les représentants politiques inuits, l'étude considère également l'implication de l'acteur dans les représentations discursives.

L'étude propose de soumettre un corpus issu de deux acteurs politiques inuits mandatés par le Conseil inuit Circumpolaire et d'origines différentes : Aqqaluk Lynge pour le Groenland et Sheila Watt-Cloutier pour le Nunavik au Canada. Il s'agira de mettre en perspective les différents cadrages du changement climatique et ce qu'ils peuvent implicitement signifier pour renforcer le positionnement de l'organisation et, plus largement, des différentes perspectives des Inuits dans le contexte de la gouvernance régionale. Ces cadrages seront enfin confrontés à l'implication des acteurs dans le discours en tant que porteurs d'un positionnement visant à reconfigurer des rapports de pouvoir relatifs aux différents niveaux d'autodétermination acquis par les Inuits dans les états-nations dont les acteurs sont originaires.

Communications

Martineau, Myriame et Julien Hocine, «L’art subversif des contes : création d’un autre espace de parole et d’un nouvel imaginaire social », 84e congrès de l’ACFAS, Montréal, 9 mai 2016.

Hocine, Julien, « Une voix inuite sur les enjeux climatiques et circumpolaires de l'Arctique: Quelle(s) évolution(s) de la perspective d'Aqqaluk Lynge du Conseil circumpolaire inuit? », Deuxième table ronde internationale de la Chaire de recherche sur l’imaginaire du Nord, de l’hiver et de l’Arctique, Montréal, 5 octobre 2015.